Ça faisait maintenant quelques semaines que cela me démangeait de parler de cette jolie bande dessinée de Pénélope Bagieu sortie le 17 septembre (et achetée involontairement quasi-le-jour-même en kiosque), et au hasard d’une playlist Spotify… je me suis décidée à m’y mettre. C’est donc avec « California Dreamin’ » en bande son – qui ne vous lâchera pas de la journée – que je vais vous conter mon humble critique de l’histoire de la vie d’Ellen Cohen.

« Ellen Cohen ». Là, comme ça, tout de suite, il est possible que ce nom ne vous dise rien, et j’avoue qu’en lisant la quatrième de couverture.. à moi non plus (malheeeur !). Mais l’auteur, l’idée et des dessins crayonnés ont suffit à attiser ma curiosité… et par la suite à avaler la bande dessinée en moins de temps qu’il n’en faut pour écouter la playlist intégrale des Mamas and The Papas.
Car Ellen Cohen, comme l’ont deviné instantanément les mélomanes des années 1960, c’est Mama Cass Eliott. Toujours rien ? Alors cliquez sur le lien du paragraphe au dessus. (…clic…clic…play…) Ah ! Voilà ! Je vous entends vous exclamer « aaaaaaaahhhh ». C’est ça, c’est elle, là ! Dans la liste des titres « aaah », on pourrait aussi citer « Dream A Little Dream Of Me », « Make Your Own Kind of Music », « It’s Getting Better » ou encore d’autres innombrables tubes que l’on a forcément entendu au moins une fois sans même le vouloir. Donc voilà, l’histoire parle d’elle (celle que l’on « voit plus » que les autres), des 60’s, de musique, d’amour et de drogues (super résumé !).

Maintenant que les bases sont posées, parlons peu, parlons bien. Si je ne devais vous dire qu’une seule chose ce serait « ACHETEZ-LE » ! Pourtant, venant de moi, c’est assez improbable car j’ai pendant longtemps été déçue par Pénélope Bagieu : « la Page Blanche » m’a très fortement ennuyée et ses délires de renard sur son blog m’ont perdue. Sauf que là, je dois dire qu’elle m’a scotchée. Et le mot est faible.

Tout d’abord, je ne peux qu’applaudir la « performance » qu’est celle de réaliser plus de 260 pages entièrement au crayon (pas de gomme, pas de pomme-Z). On comprend mieux les 3 ans de préparation. Les dessins sont magnifiques, plein de vies et de nuances. Au delà du défi qu’elle s’est donnée, l’utilisation du noir et blanc colle parfaitement au sujet et à l’excentricité du personnage… la part qu’il laisse à l’imaginaire est également d’autant plus forte que j’en voyais presque toutes ses couleurs, ou celles que je voulais bien lui donner.

Sources : California Dreamin’ / France Inter

Sources : California Dreamin’ / Telerama

Ensuite, j’ai tout de suite été happée par l’histoire. En commençant, je savais uniquement qu’elle était morte jeune, rien de plus. Et l’image que j’en avais était un peu stéréotypée, soit le cliché de la « chanteuse grosse à grosse voix » qui semblait mal dans sa peau. Sauf qu’en fait, c’est tout l’inverse ! C’était une jeune femme fan de comédies musicales, très sûre d’elle, aguicheuse, dragueuse, éternelle amoureuse, toujours un peu borderline et très fan de LSD. Aussi attachante qu’insupportable.

Sans en dévoiler le contenu, ce portrait est une incroyable démonstration du pouvoir de la persévérance. C’est un peu une ode au proverbe « quand on veut, on peut, et peut importe ce qu’on en dira » car la vie d’Ellen Cohen, que tout prédestinait à vendre du pastrami à Baltimore, représente l’idée même que la passion et l’insouciance peuvent conduire à un mélange tout aussi génial qu’explosif.
C’est ce qu’il faut retenir. Et ceux qui résumeront cette histoire à celle de son poids n’auront donc sûrement rien compris. Car justement, si c’est ce qui saute aux yeux au départ, ce n’est pas ce qui reste au final, loin de là ! Et c’est ce qui fait toute la force de cette BD !
Ce que j’en garde moi et qui m’a particulièrement touché reste son besoin d’amour quasi viscéral. Elle se laisse porter par lui quitte à ce qu’il l’étouffe. On devine bien là d’où vient l’intensité émotionnelle de sa voix. Après ça, les chansons qu’on pensait connaître jusqu’ici prennent une toute autre dimension.

Enfin, petite mention spéciale pour la bonne idée d’ordonner les paragraphes par personnage « secondaire » : ils sont le noeud central de la vie de Mama Cass, ceux qui lui ont ouvert comme barré le chemin (surtout la deuxième option) et le vrai fil rouge de l’histoire de sa vie.

Bon, je vous laisse, j’ai toute une discographie à redécouvrir et vous une commande à passer chez le libraire, alors pas de temps à perdre !

Cheers,

Billie A.

Infos pratiques :
Par : Pénélope Bagieu
Date de parution : 17 / 09 / 2015
276 pages
24 €
Pour feuilleter digitalement les premières pages : CLIC 
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